Alex GARLAND, Gallimard, 1996, 474 p.
Résumé :
Richard dort dans un motel à Bangkok. Au matin, son voisin s'est suicidé en lui laissant une carte qui lui permet d'atteindre la plage, le lieu pur et non-profané où une vie communautaire est
possible.
Mais une fois là-bas, le campement libertaire (quoique bien organisé) se transforme petit à petit en lieu du totalitarisme. Une série d'accidents rendent la confrontation inéluctable.
Mon avis :
Un roman initiatique, excellent. Vraiment à lire. Il a une grande puissance d'évocation, sans doute parce que le style est sans prétention : on est vraiment dedans.
La plage ou Comment on peut se trouver en enfer tout en se croyant au paradis.
Heu non, ce n'est pas drôle :D
Quelques citations :
J'ai beaucoup pensé à ce qu'il fit ensuite, et j'ai deux explications. La première, c'est qu'il en voulait à Sammy d'avoir embrassé Sal. L'autre, c'est qu'il voyait que Sammy était la cause
du désespoir de Sal, et qu'il voulait y mettre fin. Les deux explications reposent sur le présupposé que Bugs était fou. Mais c'est bon. Il l'était. (p.461)
- Bien. Je suis contente de voir que tu as meilleur moral que ce matin.
- Je me sens beaucoup mieux.
- Inutile alors que je m'inquiète pour ce soir ?
- ... C'est ça. Pas de problème. Tu peux... l'oublier.
- L'oublier ? dit Sal, toujours aussi précise. Oublier qui ?
- ... Karl.
Elle m'a regardé avec un drôle d'air. "Qui ?
- Karl.
- Qui est Karl ?
- Karl est... Puis j'ai compris. Personne". (p.434)
Elsa MORANTE, NRF, 1963 (trad. fr.), 398 p.
Résumé :
Arturo vit sur l'île de Procida. Seul. Sa mère est morte à sa naissance, et son père qu'il idolâtre part tout le temps en voyage. Son père décide de se marier avec Nunziata, qui n'a qu'un an de
plus qu'Arturo. Il en tombe amoureux.
Mon avis :
L'écriture d'Elsa Morante est vraiment particulière, un peu âpre et un peu dépressive. C'est quand même violent d'imaginer un petit garçon qui a perdu sa mère à la naissance et de nous faire
comprendre pendant un livre entier à quel point il est seul, seul, désespérément seul... :s
Bref, il ne se passe pas grand chose dans la vie d'Arturo et Morante décrit bien son désespoir et la vacuité de sa vie sans amour.
Quelques citations :
Il se peut, en conscience, que je n'aie jamais aimé sérieusement W.G. Et quant à N., qui était-elle, après tout, cette très fameuse femme ? Une pauvre petite Napolitaine qui n'avait rien de
spécial, comme il y en a tant à Naples. (p.395)
A ce moment-là, l'envoi de cette boucle d'oreille prit pour moi toutes ses significations : d'adieu, de confiance ; et de coquetterie amère et merveilleuse ! Ainsi, maintenant, j'avais appris
que ma petite amoureuse chérie était aussi coquette ! Sans le savoir, évidemment, mais elle l'était tout de même. En effet, quel autre adieu de femme aurait pu jamais exprimer une plus jolie
coquetterie que la sienne, dans sa naïveté ? M'envoyer comme souvenir non-pas la marque de l'une de mes caresses ou d'un baiser ; mais celle d'un infâme mauvais traitement. C'était comme me dire
: pour moi, même tes mauvais traitememnts sont des choses d'amour. (p.398)
Elsa Morante a également écrit La Storia (en deux tomes).
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